Maison détruite en 1880
Maison de bois rue Crébillon
d'après N Clement-Janin 1890
" La dernière maison de bois du XV ème siècle, de la rue Crébillon, disparut en 1880.
Curieuse était cette maison noire, sordide, avec ses portes aux accolades écrasées, son encorbellement sur la rue, branlante et geignante, comme une centenaire. Elle était restée à genoux devant ses voisins d'en face, les Carmes balayés par la grande Révolution, et dans l'humble attitude qui convenait aux laïques d'alors.
Cette maison était habitée, il ya quelques années, par le dernier vinaigrier de vieille roche que nous ayons eu. Il avait une enseigne magnifique sur laquelle brillaient, avec la série des pintes, des rés, des chauvots, les pots de moutarde, les cornichons à l'estragon, les barils de vinaigre rouge et de vinaigre blanc, superbement cerclés de cuivre . On y lisait cette majestueuse faute d'orthographe :
" Guindey fils, Md tonnelier vinaigrier en gros et en détaille"
Là aussi demeurait Denis Clousier, ce chiffonnier d'esprit, ce chansonnier populaire qui égayait nos rues et faisait des rimes et des affaires avec toutes les protervies de la cité :
Voilà le marchand de peaux de lapins !
De vieux guenillons,
De palatines, De vieux cotillons, De vieilles bassines,
De vieilles platines,
De vieux bouquins,
De crinolines,
De limousines,
Et de basquines,
De souliers, bottes, escarpins,
Voilà le marchand de peaux de lapins !
Pauvre père Clousier ! Il est mort en chantant, et sa maison s'en est allée "dans le trou".
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