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18 Mai 2012, St Eric
Quartier monge zola berbisey de dijon
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Morimont



La place du Morimont
(actuellement Emile Zola)
 

L'imagination populaire a voulu faire un rapprochement entre le nom de Morimont et la destination sinistre de la place qu'il désigne. On en vint, par suite de cette erreur, à changer l'orthographe du mot ; et c'est ainsi que Morimond devint peu à peu Morimont.
En réalité, le quartier doit son nom à l'hôtel de l'abbé de Morimond, dont la principale porte s'ouvrait sur la rue Saint Jean (rue Monge) 17 et la façade arrière donnait sur la place des exécutions. On sait que l'abbaye de Morimond était la quatrième fille de Citeaux, établie depuis le XII ème siècle dans le diocèse de Langres.
L'hotel de l'abbé passa dans la suite à Mr Parisot de Crugey, procureur général, puis à M Bernard de Marcilly. Il en reste un cellier à une nef dont les ouvertures se voient encore au fond d'une cour débouchant sur la place. Ce sont des fenêtres géminées en plein cintre, encadrées de colonnettes copiées sur celles de l'église Notre Dame, avec leurs chapiteaux à crochets et leurs bases en tore déprimé. Cela d'un  beau style qui dénote une singulière recherche architecturalee dans l'hôtel disparu ; il remontait sans doute au XIII ème siècle. Au fond de la cour du n° 17 s'élève encore au sommet du  pignon dominant, une de ces curieuses cheminées rondes dont il existe deux ou trois specimens à Dijon, notamment au palais de Justice.
Quant à la place du Morimont , pendant près de cinq siècles, elle offrit aux dijonnais le spectacle toujours recherché, hélas ! des souffrances souvent atroces de l'expiation. Au centre s'élevait un échafaud composé d'une plate-forme rectangulaire élevée de six pieds au-dessus du sol, sur cinq piliers de pierre ; on y accédait par deux échelles latérales. Selon les dernières volontés de son fils , Bénigne de la Haye, gouverneur de la Chancellerie, Jean de la Haye avait fait élever, en 1535, contre l'échafaud du  Morimont, une croix de calvaire à deux personnages au pied du Christ. C'est ainsi, du moins, que la représente le plan Bredin en 1574. Sur l'échafaud se plaçait le billot de bois sur lequel le bourreau décollait, à grands coups de hache ou d'épée, la tête du condamné à la peine capitale.
En face de l'hôtel du Morimont, la roue horizontale attendait perpétuellement sur son axe l'exposition des patients plus ou moins désarticulés par la barre du bourreau. Et de l'autre côté enfin, le gibet en forme de potence recevait les pendus.
Comme on le voit, l'aménagement comportait la variété des supplices. Il arrivait même qu'on disposait, dans certains cas spéciaux, en arrière de l'échafaud un bucher autour d'un grand pilier de bois.
Il faut convenir que l'appareil de justice devait donner à réfléchir et laissait loin derrière lui le chat à cinq queues que nos bons amis les anglais ont essayé, non sans succès, de remettre en honneur il y a quelque 40 ans.
Au demeurant, il s'était fondé, en 1658, une société dite "de la Miséricorde" dont le but principal était de secourir les pauvres honteux et de soigner les malades, mais elle s'attachait également à adoucir le sort des prisonniers qu'elle suivait jusqu'à leur dernier supplice.
Cette société avait fait bâtir sur la place du Morimont, derrière le moulin des carmes, aux n° 14 et 16 actuels, une chapelle destinée à recevoir les corps des suppliciés après leur mort.
Pendant la Révolution, le gibet et la roue disparurent, mais la guillotine demeura deux années sur la place en permanence. Elle en fut enlevée le 26 octobre 1794, sur l'ordre du représentant Calès, pour n'y reparaître qu'aux rares circonstances où elle fut requise par la justice. Cependant l'échafaud se dressa sur la place jusqu'au milieu du XIX ème siècle, mais il avait depuis longtemps cessé de servir d'épouvantail, lorsqu'on jugea bon de le démolir.
Quant à la chapelle de la Miséricorde, longtemps elle fut affectée au dépôt des bois de justice. Puis, un beau jour, le 26 août 1870, on enleva la croix de pierre qui surmontait l'édicule, et les bois de justice furent remplacés par une pompe à incendie. Maintenant il ne reste de tout cela qu'un lointain souvenir."
d'après....
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J'kaz !
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Le Samedi 08 Mars 2008
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